
Nom du blog :
coeurdhome
Description du blog :
Quand le destin pousse deux êtres à se retrouver au delà des frontières de la raison.
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
07.04.2012
Dernière mise à jour :
13.02.2026
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merci nathalie. dans les liens du blog vous trouverez une adresse courriel que vous pouvez employer. http://c
Par coeurdhome, le 06.12.2025
bonjour. merci. j'adore ce que vous écrivez : votre style, la romance, la douleur, les paysages. j'ai vécue un
Par Nathalie, le 01.12.2025
Anna voit le regard de Marc chargé de tendresse, l'envelopper.
Souvent elle s’était demandée s’il n’était pas parti à cause d’elle, convaincue de la souffrance qu'elle lui avait imposée. Peut-être même avait-il fini par ne plus l'estimer, par ne plus l’aimer, cela lui avait semblé tellement évident.
Toutefois, dans ce regard qui se posait ce soir sur elle, Anna voyait toutes ses craintes s'envoler. Elle était de nouveau là, à côté de lui comme la première fois, comme si tout ce gâchis, le temps qui les avait tenus à distance, n'avait jamais existé.
Elle voulait entendre sa réponse, comprendre ce qu’il faisait-il là aujourd'hui ?
« Je pars de nouveau quelques mois en Indonésie. Je souhaite approfondir ma compréhension de la relation que les populations autochtones ont avec la vie. J'ai déjà éprouvé la beauté des lieux et celle des coeurs, je cherche à comprendre ce que nous pouvons apprendre de leur philosophie de la vie. Avant de quitter la France une nouvelle fois, je tenais absolument à te revoir. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas admettre qu'entre nous subsiste dans nos souvenirs, quelque chose de négatif, un doute. Bien que je sois conscient que cela puisse te perturber, mais j’espère que non, aujourd’hui, je dois, je veux, te dire que je t’ai aimée Anna. Chaque soir sous le ciel étoilé du désert c’est à toi que je pensais, les lignes de ton visage s’imposaient constamment à moi.
Aujourd’hui je suis là, car je ne parvenais pas à me convaincre de te le dire par téléphone ou par écrit, ce n’est pas mon genre, tu comprends ? »
Anna les mâchoires crispées réprime sa déception et son agacement.
« Oui, bien entendu ! lui répond-elle un peu trop sèchement malgré elle. Tu es véritablement un nomade : un jour ici, un autre là-bas… N’es-tu pas bien en France ?
J’imagine que tu as dû peser le pour et le contre avant de venir jusque-ici. Cependant ni toi ni moi ne pouvons connaître les répercussions que ta présence aura. »
Elle n’osait pas lui dire que dans sa relation avec Alexandre il lui manquait quelque chose : ce plus qui resurgissait en sa présence.
« Donc tu es venu juste pour me dire ça, que tu m’as aimée, que j’envahissais tes nuits, et tu t’en vas.
- J’entends ton agacement Anna. Oui c’est égoïste je le reconnais. Je suis là pour avoir le plaisir de te revoir. Tu es restée la jeune femme que j’ai prise un jour en stop, la même vivacité d’esprit, la même indépendance, le caractère d’une battante.
- Peut-être, et avec quelques rides en plus… Le café va refroidir. »
Anna et Marc s’installent, elle sur le lit, lui sur la chaise du bureau. Bureau qui est entre eux, comme une barrière qu’ils ne doivent pas franchir.
Ils discutent de ce qu’ont été les années passées pour chacun d’eux, Marc souhaitant savoir si elle avait pu trouver les clés de son bonheur, et Anna curieuse de ce que lui avait pu vivre dans le désert Marocain. Ils rient, franchement, de tout et de rien, affichant l’un comme pour l’autre une feinte décontraction qui dissimule mal l’envie qu’ils ont de s’enlacer.
Ils n’ont pas vu le temps passer sirotant tour à tour jus d’orange ou café, et lorsqu’Anna jette un oeil à sa montre il est déjà deux heures du matin.
Marc s’excuse d’avoir tant tardé à repartir, se lève, enfile son blouson, et remercie Anna de lui avoir consacré un peu de temps.
L’un comme l’autre ne savent pas vraiment ce qu’ils attendent de ce moment qui s’efface déjà.
Au risque d’en briser le charme, chacun veut éviter d’interférer dans la vie de l’autre. Anna tout de même lui dit :
« Nous ne sommes vraiment pas câblés de la même façon, n’est-ce pas ? »
Marc sait parfaitement ce que signifient ces mots auxquels il ne répond pas.
« Je suis vraiment heureux que nous ayons pu échanger de la sorte, même si…
- Même si quoi ?
- Même si je me suis trop attardé, répond-il en éludant encore une fois la vraie réponse.
- Nous restons en contact ?
- Bien sûr !
- Quand pars-tu en Indonésie ?
- Dans trois mois. Je ne bouge pas d’Orléans en attendant.
- Je pourrais passer te voir à mon retour ?
- Je t’attendrais. Maintenant j’y vais. J’ai aussi un rendez-vous à quatorze heures demain à Clermont-Ferrand.
- Bonne nuit alors.
- Bonne nuit Anna. À Bientôt. »
Et cette fois c’est lui qui prend l’initiative de lui poser deux tendres bises sur ses joues, avant de tirer la porte derrière lui sur un dernier échange de regard.
Elle comme lui, de part et d’autre de cette barrière de bois, restent figés quelques instants, espérant que la porte va s’ouvrir sur un appel à rester. Pourtant, la raison qui a toujours été leur alliée, joue encore ce soir son rôle.
Les yeux embués Anna regagne son lit, fatiguée, mais apaisée et heureuse de cette rencontre. Elle sait maintenant que leurs cœurs battent à l'unisson malgré la distance et le temps.
La porte se referme derrière lui. Marc a la réelle impression d'avoir du plomb dans ses jambes, tant s'éloigner lui pèse.
Avant de s'engager dans l’escalier qui le mène à la sortie de l'hôtel, là sur le palier devant la chambre d’Anna, il tente une dernière fois d'entendre un bruit derrière la porte. Un indice qui lui laisserait penser qu'elle aussi espère qu'il fasse marche arrière, qu'il revienne frapper encore pour ne plus partir.
Mais rien ne se passe, il ne lui reste qu'à quitter l'hôtel pour rejoindre le sien à l'autre bout de la ville.
Déçu il ne pense pas l’être, il n’est même pas certains de comprendre vraiment ce qui l’a poussé à venir la retrouver. Le simple fait d'avoir pu la tenir dans ses bras, d'avoir pu sentir la chaleur de son corps, lui a procuré l'immense plaisir d'un secret désir longtemps partagé. Il n'avait nul besoin de rajouter à cela, et Marc avait décelé chez Anna une tendresse dissimulé derrière sa brusquerie.
Assis sur sa moto, en passant son casque sur sa tête il lui semble entendre encore plus fort résonner les battements de son coeur toujours emballé. Le rugissement du moteur qui démarre ne parvient même pas à en couvrir les sensations.
Tout en conduisant prudemment, Marc prend conscience de cet éphémère instant qu'ils viennent de partager. Après avoir attendu si longtemps de pouvoir la retrouver, il a soudain l'impression de gâcher cette occasion peut-être unique. Le rond-point dans lequel il s'engage devient le tournant de cette soirée si particulière.
Au lieu de continuer sa route il fait demi-tour pour reprendre aussi vite qu’il le peut la direction qui va la ramener prés d’Anna.
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